samedi 18 juillet 2015

La traite des grands singes

Le commerce illégal de la faune constitue une part de business de plusieurs milliards de dollars. Autrement qualifié de "criminalité de l'environnement", ce commerce est de plus perpétré au détriment des populations pauvres et vulnérables. Plus spécifiquement le trafic des grands singes - les bonobos, les chimpanzés, les gorilles et les orangs- outans- ajoute des pressions supplémentaires et indésirables sur des espèces déjà menacées.

Cameroun, femelle chimpanzé sauvée du trafic des grands singes en 2015.

Ofir Drori fondateur et directeur de EAGLE NETWORK précise : 

"À ce jour, les efforts de conservation des grands singes ont échoué. Année après année, des conférences et des séminaires sont célébrés sur un nouvel engagement pour sauver les grands singes, qui laisse les participants, ainsi que le public, avec un sentiment d'optimisme et de bien-être. Puis, année après année, nous sommes surpris de constater que les efforts de conservation affectent à peine la marche vers l'extinction des grands singes.
Mais pourquoi devrions-nous être surpris? Trop souvent, les efforts pour sauver les grands singes ont été conçus sans normes mesurables ou indicateurs qui pourraient conduire à des résultats tangibles. Un système qui manque de responsabilité et qui ne surveille pas ses progrès est voué à l'échec.
Pendant ce temps, les réseaux criminels organisés s'orientent vers une approche toujours plus rentable et sont occupés à faire grossir sans cesse et de façon illégale leur commerce des grands singes. Ce commerce international, que ce soit pour la viande de brousse ou pour le commerce des animaux de compagnie, est sophistiqué et est lié à d'autres formes de criminalité, comme le trafic de drogue et d'armes. 
Le commerce illégal de singes a peu à voir avec la pauvreté. Il est plutôt généré par le riche et puissant.
Des enquêtes récentes révèlent que les principaux dealers de grands singes en ont chacun exporté des centaines. Ce nombre est seulement une fraction du nombre total de grands singes capturés pour le commerce, car certains (comme le gorille) sont sujettes à des taux de mortalité élevés pendant le processus de traite. Bien qu'il soit connu des autorités locales et des institutions internationales, ces criminels en liberté, se fondent dans la masse à l'aide d'un système de corruption et de complicité  leur permettant de fonctionner avec une relative impunité.
Il y a un grand écart entre nos déclarations et nos actions. Si il y a un espoir pour assurer la conservation des grands singes, il réside dans un changement de paradigme majeur. Cessons donc de parler et  recentrons nos efforts sur ce qui importe: l'application des lois et pour tous ! "

Le choix des itinéraires et le mode opératoire des trafiquants sont fondés sur une évaluation de trois facteurs:
• La probabilité et la taille du profit à faire
• La probabilité de se faire prendre
• La probabilité d'échapper à l'arrestation, le procès, les amendes ou l'emprisonnement.
En d'autres termes, combien d'argent peut être fait, quelle sont les risques, et quelles sont les options si arrestation. 
En principe, le trafic d'espèces sauvages se fait de la manière suivante:
• Transport terrestres à pied, cheval, âne, moto et autres véhicules
• Transport par voie fluviale par les bateaux;
• Transport par mer par les navires;
• Transport aérien depuis la brousse ou depuis les pistes d'atterrissage, y compris les hélicoptères,
petits aéronefs et les grands avions de transport.
• Transport par des individus dans les bagages ou par les postes diplomatiques.

Carte des routes du trafic illégal des grands singes. 

En Afrique, plus d'une vingtaine d'établissements de sauvetage, répartis dans 12 pays, se soucient collectivement du sort de plus de 1 150 chimpanzés, gorilles et bonobos, sauvés du commerce illégal. Bien que certains des sanctuaires ont été créés il y a plus de 40 ans, la plupart ont été créés à la suite de la crise de la viande de brousse et du trafic au marché noir qui a prospéré dans les années 1990.

Extrait de "Stolen Apes"  (2013) Traduction OlgaO

jeudi 16 juillet 2015

Bannir l'expérimentation animale oui, mais ...

Nul besoin de tester des produits cosmétiques sur les animaux, un pays de plus en a décidé ainsi. Le gouvernement Néo-Zélandais s'est donc orienté vers l'interdiction de l'expérimentation animale pour les "produits finis cosmétiques et leurs ingrédients". Ce pays n'est pas connu pour ce genre de pratique - et probablement il ne le sera jamais.

L'amendement du projet de loi de protection des animaux a passé la phase de débat le mardi 31 mars 2015 et a été promulguée les semaines qui ont suivis. Le Ministre du Secteur Primaire de la Nouvelle-Zélande, Nathan Guy, applaudi le geste symbolique.

"Pour le meilleur de notre connaissance, il n'a jamais été question d'expérimentation animale pour les cosmétiques en Nouvelle-Zélande, mais cet amendement va envoyer un message important. Ce genre de test est inacceptable pour les Néo-Zélandais et ne sera jamais entrepris ici."

La Nouvelle-Zélande est un endroit impopulaire à l'expérimentation animale - un récent sondage a révélé que 89% des adultes interrogés dans le pays ne soutiennent pas la pratique. L'expérimentation des produits cosmétiques sur les animaux, ce qui peut impliquer dans les actes à frotter des produits chimiques sur la peau rasée des animaux ou à l'égouttement des toxines dans les yeux, sont largement considérés comme cruel pour les cochons d'Inde, lapins, rats et autres petits animaux qui en sont victimes...

Parce que nous le valons bien ? 

L'amendement à l'origine interdit l'expérimentation animale pour la médecine de manière générale, mais il a été remanié au Parlement et donc restreint aux cosmétiques. Pourtant, les défenseurs des animaux parle d'une victoire.

"Nous sommes ravis que les politiciens de la Nouvelle-Zélande ont pris cette étape importante pour voter contre ces cruels cosmétiques », a déclaré Claire Mansfield, un directeur de campagne pour Humane Society International.

La Nouvelle-Zélande n'est pas le premier pays à tourner le dos aux tests de cosmétiques sur les animaux. Les 28 pays de l'Union Européenne ont interdit cette pratique en 2009, mais aussi l'Israël, l'Inde et l'Etat brésilien de Sao Paulo. Maintenant, Australie, Brésil, Canada, Taïwan et les États-Unis envisagent également cette interdiction.

Plusieurs questions demeurent :
Est-ce que cela signifie que les produits cosmétiques vendus dans ces pays, ayant voté cette loi, sont également non-testés sur les animaux ? En France nombreux sont les produits cosmétiques vendus mais pourtant testés sur les animaux. Dans ce cas où sont-ils expérimentés ? Est-ce qu'il ne s'agit pas d'une victoire au goût amer de l'hypocrisie? Pourquoi interdire l'expérimentation sur son territoire mais cautionner leur commercialisation et donc la cautionner ailleurs ? Est-ce que cela a diminué réellement le nombre d'animaux victimes de ces actes de cruauté dans le monde ? ou juste reporter le problème ailleurs ? Le combat contre ce genre pratique ne fait continuer tant que les consommateurs achèteront ces produits.



The Dodo TRADUCTION OlgaO

mardi 7 juillet 2015

Trafiquant d'orang-outans : 18 mois de prison ferme

En Indonésie, un juge a condamné à 18 mois de prison ferme Pat Dicky, un trafiquant majeur dans le commerce illégal d'espèces intégralement protégées comme l'orang-outan. Pourtant la réquisition du procureur était beaucoup plus sévère.
Dans le procès, le procureur a requis trois ans de prison. Les défenseurs de l'environnement déplorent ce verdict et ont demandé au procureur de ne pas accepter le verdict. Un délais de sept jours est accordé pour revoir cette décision. 

Jugement du trafiquant - Indonésie
Conformément à la loi n ° 5/1990 ce trafiquant devrait être condamné à 5 ans de prison ferme et à payé une amende de 100 millions de roupies (environ 6700 euros). 

Dicky a fait l'objet de plusieurs mois d'enquête et s'en est suivis un raid effectué par la police indonésienne, soutenue par les ONG COP et JAAN. En effet il a été saisi un total de 33 animaux sauvages de 14 espèces différentes. Pat Dicky aurait envoyé les animaux sauvages en l'Europe de l'Est, Moyen-Orient et en Thaïlande.

SOURCE Centre for Orangutan Protection TRADUCTION: A. Gazel, OlgaO